INTERVIEW ANTHUME DE
NICOLAS SARKOZY,iznogoud
NOUVEAU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE PAR ANTICIPATION DEPUIS 5 ANS

- Monsieur le Ministre, bonjour.
- …
- Bonjour, Monsieur le Ministre.
- …
- Monsieur le Mi…, pardon, Monsieur le Président, bonsoir.
- Ah tout de même !
- Mille excuses, Monsieur le Président.
- Redites-le, encore !
- ‘Vous demande pardon, Monsieur le Président ?
- Aaaaahhhhhh !
- Oui, certainement. Je disais, Monsieur le Président, qu’on était pas encore habitués, forcément…
- Va falloir prendre l’habitude !
- Certainement, Monsieur le Président. Certainement… Donc cette interview est la première que vous donnez…
- Vous êtes sûr ?
- La première en tant que président, mon Président, si vous permettez.
- Baisez-là.
- ‘Mande pardon, mon Président ?
- Oubliez, oubliez, et appelez-moi Monsieur tout court, ça fait plus républicain sans faire trop Karl Zero.
- C’est vrai que vous n’êtes pas grand… Monsieur Tout Court, donc…
- Mais non ! Monsieur tout court, faut pas exagérer quand même ! Imbécile !
- Vous parlez à la Presse, Monsieur le Président Tout Court !
- Vous savez où je me la mets, la presse ?
- Oh, je m’en doute, on sent bien, à l’aune de votre politique, que vous la lisez d’un derrière distrait !
- Qu’est-ce que ça veut dire ?
- Que vous êtes totalement coupé de la réalité, mon pauvre garçon… Oh pardon, Mon Président, mais entre votre agitation permanente et votre petite taille, ça me rappelle quand j’étais instit’…
- Bon arrêtez avec ça, et posez moi les vraies questions que les français attendent !
- Euh… Ils attendent surtout des réponses, Mon Président.
- Ils en auront, soyez-en persuadé.
- Je n’en doute pas une seule seconde, Mon Président. Donc, pour cette première interview, je voudrais effectivement commencer par une vraie question dont les français – ceux du moins génétiquement à même de réfléchir…
- Ça exclut pas mal de monde !
- Certainement, Mon Président.
- Et beaucoup de monde à l’UMP…
- Je ne vous le fais pas dire, Mon Président !
- Effectivement, je le dis très bien moi-même !
- Avec beaucoup de parfaitement, Mon Président. Donc, cette première question : vous êtes un traître…
- Ce n’est pas une question. C’est un fait.
- Affirmatif, Mon Président. Vous êtes un traître : vous avez trahi Pasqua, ce qui était dangereux, puis Chirac, ce qui l’était moins. Il y a du Iago en vous.
- Non, je suis français. D’origine étrangère, certes, mais on ne va pas revenir là-dessus. De toutes façons, j’emmerde le borgne… Lui ai piqué son électorat…
- Et un peu ses idées, Mon président.
- Toutes ses idées, vous voulez dire ! J’ai fait un peu de tri, quand même…
- Ah, vous admettez quand même qu’il va vraiment trop loin, le borgne !
- Non, mais c’était trop tôt : ça se serait vu. Mais maintenant que tous ces cons m’ont élu…
- Excusez-moi, Mon Président, loin de moi l’idée de soupçonner chez vous une once d’humanisme…
- Manquerait plus que ça !
-  Mais vous avez le sens du peuple !
- Le peuple est un con.
- C’est ce que je disais, Mon Président. Vous même, Mon Président…
- Je vous en prie, j’ai un frère au Medef !
- Faites excuse, Mon Président. Bon, je vous la pose, cette question ?
- Vous oubliez à qui vous parlez !
- Non, non. Donc,  la trahison et vous : seriez-vous prêt à tout sacrifier à votre ambition ? Non, c’est idiot ce que je dis-là, vous l’avez déjà fait. Ah, tiens, que pensez-vous de Laval ?
- Tiens, c’est original, ça ! Laval, Laval… J’aime bien cette époque… Il y avait de l’ordre et de la sécurité… Laval, homme à poigne… Pas peur du Kärcher… D’origine allemande cet appareil… Laval, kommunist kapüt, mauvais français kapüt… Bon, maintenant, on peut plus… Mais quand même… Me verrais bien maréchal, moi… Don de Ma personne à la France et tout l’toutim… Chanson dans les écoles…
- Non, Mon Véhément ! Vous vous gourez, fillette fillette… Mais qu’est-ce que je raconte, moi ?  Mon Président, je vous parlais de votre score à Laval, pas de Pierre ! Vous confondez avec Vichy…
- M’en fous, les deux sont en province : villes de ploucs ! Paris-Neuilly, je sors pas de là !
- Z’avez bien raison, Mon Président, on vous jetterait des pierres !
- Je vous le dis comme je le pense…
- Non, Mon Président, dites-le comme d’habitude…
- Eh bien, je m’y engage, nous privatiserons les cailloux !