medium_coloniesL'affaire de l'Arche de Zoé fait couler beaucoup d'encre dans les colonnes des journaux... Mais l'œil est toujours occidental, toujours français, et pour tout dire toujours colonialiste.
J'écrivais il y a peux "le "droit d'ingérence" est une foutaise néo-colonialiste inventée par le social-traître Kouchner, et repirse par le monde occidental pour aller en toute impunité marcher sur les plates-bandes des gouvernements des pays du tiers-monde. J'aimerais voir la gueule de nos politiques si demain un gouvernement africain envoyait la troupe à Roissy pour libérer les malheureux nègres odieusement traités au centre de rétention administrative ! "
Mais c'est bien pire que ça !

Pas une seconde on ne parle de l'absolue nécessité pour la nation Tchadienne de mener à bien ce procès.
Mettons de côté les pathétiques demeurés (ou les escrocs malhabiles, après tout, on ne sait pas...) qui deviennent de fait l'objet d'un enjeu politique. Et considérons les choses du côté tchadien.

Résumons :
Une poignée d'ahuris organise une impensable magouille au nom de "l'humanitaire" (!).
Cette magouille est a a priori encouragée par l'état français, qui met à disposition des infrastructures militaires.
Les participants à cette épopée sont soupçonnés d'avoir sur le sur le territoire tchadien commis un certain nombre d'infractions graves.
Ils sont interpellés. La Justice tchadienne est saisie. Une instruction est ouverte, un juge se voit confier le dossier.

Rien que de très normal. C'est ainsi que fonctionne, par exemple, la Justice française...

Mais, tout à coup, l'histrion qui a gagné en France les dernières présidentielles, et n'est pas du genre à s'embarrasser de la présomption d'innocence notamment en ce qui concerne les infractions commises par les "étrangers" sur le sol français,  tout à coup donc ce petit homme décide qu'il va aller "sauver" les détenus au Tchad.
Et ce, au mépris d'une indépendance qui remonte quand même au 11 août 1960 !
Eh oui, décider, au mépris de toutes les règles diplomatiques, de soustraire ses ressortissants à la Justice d'un pays tiers, c'est nier l'indépendance de ce pays ; c'est bafouer son autorité ; c'est assurer qu'au fond, rien n'a changé, que l'administration de l'ancienne AOF-AEF est toujours aux mains de la France - ce qui est la définition même du colonialisme.
C'est confirmer le discours de Dakar. Comme disait Mac Mahon : "Vous êtes le nègre ? Eh bien, continuez !".
(J'en profite pour saluer la mémoire de Camille Mortenol...)

Il va, donc, court et nous venge, et ramène avec lui les innocents soustraits à l'ennemi !

Là-dessus, toute la presse aux ordres de vanter ses mérites, et de s'interroger sur l'opportunité de laisser juger ceux qui restent par ce pays de sauvages qu'est le Tchad...

Mais voilà.
Le Tchad est un état souverain, et cette souveraineté vaut bien toutes les autres.
Notamment toutes les autres souverainetés africaines.
Il faut donc nécessairement que le procès ait lieu au Tchad.
Car ce procès est une occasion unique pour un état africain, et même pour l'Afrique entière, de secouer le joug "humanitaire" qui a succédé au joug colonial.
Si les fameuses ONG apprennent qu'on ne peut plus jouer impunément la carte de l'ingérence en Afrique, cela permettra aux pays africains de sortir de cet échange de dupe où ils jouent toujours le rôle du nécessiteux.

Alors, ce qui serait vraiment un pied de nez aux (ex)colonisteurs, et tout à la gloire de l'état tchadien, ce serait de juger les membre de l'Arche de Zoé, de condamner ceux qui s'avèreront coupables... et de les nommer illico citoyens d'honneur, puisqu'ils auront permis au Tchad de signifier véritablement son indépendance.

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur...